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Ayalal (voyage)

Album "Ayalal"©Shubiao Quartet 2026

Texte : Vincent Tournoud / musique : Natsagiin Jantsannorov

Dans une plaine aride, pays sans âge,
Se tissent les liens, les relations sauvages qui s’étreignent, s’embrassent, s’éteignent et puis s’effacent
Dans la lumière qui danse
Dans la rivière qu’ici on appelle chance
Dans le creux d’une louche où se reflète le ciel, immense
Voyez comme cet oiseau s’envole gracieusement
Voyez comme cette agneau se presse pour rejoindre les siens
Voyez cette offrande à la voix, prairie d’aucun nuage
Voyage

Quand tout est à l’écoute
Lorsque le vent s’incarne dans un bruissement
Lorsque le sable se noie d’une tendre écume
Lorsque la tête posée sur un oreiller d’herbe, la pensée devient primevère, armoise, racine broutée par un troupeau, feuille d’automne balayée par la brise, dernier flocon, premier rayon

Voyez comme on s’endort, dans la mousse de lait
Dans cette laine soyeuse
Voyez comme il faudrait se réveiller
Renaître au monde inhabité
Comme un ours, un renard
Se réveiller la nuit et voir comme en plein jour
Vivre dans la confluence, où tout se passe, tout se mêle, ce serait… le mouvement n’est-ce pas ?
Ce serait le moment, je crois

Vivre dans un incessant questionnement de notre propre voix
Ivre d’une écoute au-delà de soi
Dans la possibilité d’une errance
Guidé par une absence
Décocher le trait du silence

La force ne manque pas
Le tangible, l’ici, le là
La franchise et tout ce qui fait le réel de nos voix
La substance qui est ce que je vois
Puisse-t-elle
Par la danse
Par la glaise
Par le chant de la grive
Par la soie et le givre
Sculpter dans une onde un orage
Un arc-en-ciel
Et le bourgeon d’un saule qui ne veut plus pleurer

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